Les votes de sanction – tel qu'on les nomme – ont bon dos. L'on tente de nous faire croire que chaque cohabitation serait le moteur d'une seule chose : le blocage du fonctionnement politique du pays. Un peu court ! Ce serait oublier que les privatisations des ex-services publics (France Télécom, EDF, etc.) ont été décidés à gauche, et que l'immigration massive sous couvert de regroupement familial fut une idée de droite. Moralité : en menant des politiques tout à fait similaires, gauche et droite ont perdu toute lisibilité. Ce qui, dans l'esprit du citoyen lambda, signifie aussi la perte de toute légitimité. Les résultats de cette décrédibilisation sont connus : abstention massive, votes extrêmes, multiplication des candidatures de témoignage qui brouillent l'esprit des électeurs, etc.
Celui qui pense aujourd'hui qu'un adhérent ou sympathisant de l'UMP peut accepter davantage d'immigration (qu'elle soit subie ou choisie) se trompe lourdement. Même erreur chez celui qui croit naïvement qu'un socialiste acceptera de faire le jeu du CAC 40. Il va donc falloir trouver le moyen de satisfaire (presque) tout le monde. C'est peut-être au centre que se trouve l'ébauche d'une solution.
Moi qui suis étiquetté « de droite », reconnais aujourd'hui bien volontiers que cela n'a plus aucun sens. Et être « de gauche » n'en a évidemment plus davantage. La problématique – et surtout les voies qui permettront d'en sortir – se trouve ailleurs.
Quand j'entends Dominique Strauss-Kahn donner priorité à la croissance, j'aurais tendance à oublier qu'il est socialiste et à l'écouter – sous réserve que ses projets pour la croissance ne soient pas un de ces leviers artificiels qui, à terme, nous affaiblissent encore plus par effet de boomerang.
Quand j'entends Nicolas Sarkozy dire que ceux qui partent de plus loin doivent être aidés pour s'en sortir, qu'il soit le Président de l'UMP n'est pour moi qu'une référence accessoire, et disons-le futile, mais sa vision me semble juste.
Quand j'entends François Bayrou parler de « small business act à la Française », je me réjouis de cette incitation à créer des dispositifs permettant aux classes défavorisées d'accéder à la création d'entreprise. Même si, dans le cas présent, je trouve son discours un peu limité et souhaiterais qu'il aille plus loin dans le discours (par exemple en exonérant systématiquement les micro-entreprises de toutes charges sociales, et sans condition, pendant les deux premières années d'exercice).
L'on ne réglera pas les problèmes de notre société sans se positionner à l'écoute attentive de toutes les catégories socio-professionnelles.
L'on ne créera pas d'emplois si l'on cherche à piller les entreprises – ou alors l'on tuera les entreprises et l'on provoquera un asservissement massif du peuple qui n'aura rien à envier aux régimes soviétiques. Le peuple français mérite évidemment un destin plus humain et plus digne.
A l'inverse, l'on ne recréera pas la confiance sociale si l'on licencie à tour de bras aux seules fins de faire grimper le CAC 40.
Enfin, il faudra rassembler les Français autour de la préférence communautaire, c'est-à-dire ENFIN FAIRE L'EUROPE pour mieux la protéger, d'une part des influences corporatistes anglo-saxonnes, d'autre part de la concurrence assassine de la Chine.
Ce n'est pas si difficile à réaliser. Il suffit de s'affranchir des influences extérieures, de retrouver une liberté d'action, et surtout de travailler tous ensemble, de la LCR au FN sans a priori ni sectarisme. La bataille de 2007 devrait à mon sens se jouer au centre : ni gauche ni droite, juste un positionnement « radical » (au sens politique du terme, c'est-à-dire à la recherche d'une politique juste et équilibrée destinée à répondre aux attentes du plus grand nombre).